Le métier d'historien

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Q uel historien n'a pas rêvé d'être un Michel Brunet, un Lionel Groulx, ou, pourquoi pas, un Michelet ou un von Ranke ? Certains visiteurs de ce site entretiennent, ou ont entretenu, ce rêve. Ceux, les plus jeunes, qui essayent encore leur costume de Michelet en novembre juste avant d'assister à leur séminaire, tireront quelques leçons techniques utiles, tout en se disant que leur oeuvre sera vaste et durable. D'autres trouveront ici quelques curiosités pouvant aider leur travail et leur réflexion. Je propose ici des textes dans lesquels j'ai cherché à être un historien tout simplement.

Comment peut-on être historien ? Si on pense comme un historien, si on travaille comme un historien et si on rêve en historien, il y a des chances... Voulez-vous quelques conseils ? Voici un petit guide de la méthode historique.

La méthode n'est pas tout en histoire, quoique la capacité de procéder selon les données, avec ordre et systématiquement, en appliquant les leçons des grands historiens est certainement central. Cependant on ne pratique pas une discipline par méthode, plutôt par passion. Peut-être serait-il intéressant de comparer la racine de votre passion avec mon histoire ?

Un de rôles les plus intéressants de l'histoire, et de l'historien, consiste à redonner un sens de la perspective aux idées reçues et aux discours à la mode de son époque. Par exemple, vous qui bossez pendant de longues heures, ne doutez-vous pas parfois du bonheur qui vous permet d'exercer votre droit au travail ? Si oui, ou non, consultez une réflexion sur ce curieux droit.

Cette perspective est parfois un peu comique, quand on réfléchit bien à ce que prétend le discours ambiant, ou officiel. Mais parfois un sens de la perspective touche le tragique. Que faut-il penser lorsque que deux peuples se livrent une lutte acharnée ? Peut-on déterminer dans l'abstrait qui est l'agresseur ? L'agresseur a-t-il toujours tort ? Comment répondre à ce genre de question sans un minimum de connaissance historique. Pour tous ceux qui suivent un tant soit peut l'actualité, voici un petit texte sur les Serbes.

L'histoire n'est pas une discipline pour les faibles. En effet, les changements dans les sociétés humaines et les rapports entre les différents peuples et les différentes civilisations résultent surtout des conflits. Parfois, on peut appeler ces conflits des guerres, donc des événements relativement cohérents avec des buts et des moyens compréhensibles. Souvent, nous avons affaire à des massacres. Mais vivons-nous à la pire des époques, avec nos missiles de croisière et nos armes à répétition ? Essayons d'établir une sorte de palmarès.

L'histoire doit être objective. Aucun aspect méthodologique de la science pose un plus grand problème. Veut-on dire que la science doit être neutre ? C'est une chimère. Possiblement veut-on dire que la science doit être honnête. Voilà un programme possible, mais qui exige un certain effort intellectuel: comment ne pas défendre ceux qu'on aime, comme le chevalier sa Dame ? Je crois qu'on peut être honnête, rigoureux et polémique en même temps. Je soumets comme preuve un essai de dénouement d'un noeud très perplexe.

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