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Du cégep de Drummondville à Bamako, au Mali

Sur la photo, dans l'ordre habituel : Ousmane Touré, secrétaire général du ministère de la Santé du Mali, Jean-Marie Desroches, enseignant en
physique au cégep de Drummondville, Carole Melançon, optométriste, et Abdoulaye Diallo, directeur général d l’Institut d'ophtalmologie tropicale de l'Afrique.

Le lundi 16 mai 2011 – Au cours des derniers mois, un des enseignants en physique du cégep de Drummondville s’est impliqué dans un projet qui renforcera considérablement l’enseignement de l’optométrie en Afrique de l’Ouest francophone. En compagnie de sa conjointe optométriste, Jean-Marie Desroches a, en effet, choisi de prendre congé pour aller enseigner l’optique géométrique à l’Institut d’ophtalmologie tropicale de l’Afrique (CHU-IOTA) à Bamako, au Mali.

Cet établissement est un hôpital universitaire spécialisé dans les soins des yeux et offrant des soins dans une région trois fois grande comme le Québec, peuplée d’une centaine de millions d’individus. Là-bas, l’optométrie n’existe pas encore vraiment puisque dans les huit pays d’Afrique de l’Ouest francophone, on trouve en moyenne un optométriste pour 3 ou 4 millions d’habitants!

Déjà, le CHU-IOTA de Bamako formait annuellement une dizaine d’ophtalmologistes (cinq années de spécialisation après la médecine) et une douzaine d’infirmiers spécialisés en ophtalmologie (deux années de formation). Ces deux niveaux de professionnels sont chargés du traitement des infections et des maladies oculaires comme le glaucome, la cataracte ou l’onchocercose. Mais les défauts de vue et la prescription des lunettes (ce que les optométristes appellent les «erreurs de réfraction») n’étaient pas vraiment couverts dans leur plan de soins.

«La moyenne d'âge au Mali étant de 15 ans, il y a donc beaucoup d’enfants dans les rues. Plusieurs de ceux-ci souffrent d’affections oculaires importantes, mais ils doivent rester à la maison puisqu’ils ne peuvent pas marcher sans aide dans la rue», a souligné M. Desroches.

D’autres, au contraire, deviennent en très bas âge les yeux aidants d’un parent qu’on dit «aveugle». En Afrique de l’Ouest, il suffit d’être fort myope pour être classé «aveugle».

Point d’étranglement
Pour combler le manque criant de ressources humaines dans le domaine de l’optométrie, et à la demande de l’OMS et de l’Organisation ouest-africaine de la Santé, le CHU-IOTA avait décidé de mettre sur pied un Centre de formation en Optométrie dès 2008. Or, en 2010, le Centre allait accueillir pour la première fois trois cohortes d’étudiants. Cette année représentait donc un point d’étranglement et la ressource enseignante ne suffisait plus, car le responsable devait donner tous les cours spécialisés en optométrie en même temps qu’il continuait la clinique.

«Lorsque le responsable du Centre a reçu les CV d’un enseignant d’optique au niveau collégial et d’une optométriste, l’accueil fut enthousiaste et la collaboration qui s’est installée a été mutuellement appréciée, a ajouté Jean-Marie Desroches. Du côté pédagogique, le Québec se situe à l’avant-garde, s’inspirant beaucoup de ce qui se fait au sud de sa frontière, et les cégeps sont à la fine pointe. Cette influence américaine s’est avérée précieuse et nous avons implanté là des pratiques qui sont susceptibles d’avoir beaucoup d’impact, comme des séances de laboratoire ou une approche par problèmes.»

Au CHU-IOTA, la formation se donne en français et ce n’est pas par hasard que l’appui pédagogique est venu du Québec puisque dans l'ensemble de la francophonie, on compte peu d'endroits où l'optométrie a pignon sur rue. En effet, malgré ce qu’on pourrait penser, ce champ professionnel n’existe pas encore en France.

L’appui pédagogique venant du cégep de Drummondville, dans le démarrage de la profession d’optométriste, s’est donc avéré précieux. À la suite de cette initiative, parions que la coopération saura se maintenir et se développer à travers les différents canaux que sont le programme Uniterra et les séjours internationaux de coopérants volontaires à la semi-retraite. Encore un exemple où le cégep, en tant que niveau d’enseignement unique, peut contribuer au développement du savoir et de la pédagogie dans le monde.

À propos du Cégep de Drummondville
Le Cégep de Drummondville offre de la formation initiale à plus de 2000 étudiants inscrits dans six programmes préuniversitaires et dix programmes techniques menant à l'obtention d’un diplôme d'études collégiales. Le secteur de la formation continue propose par ailleurs une quinzaine d’attestations d'études collégiales visant la réinsertion professionnelle à plus de 250 étudiants. Véritable milieu de vie, le collège se veut à l’image de sa communauté : dynamique et résolument tourné vers l’avenir.

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Source : Dominic Villeneuve
conseiller en communication
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